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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 17:59

Du 29 mars au 2 avril 2012

Bornéo est réputée pour sa végétation, pour ses plages mais également pour ses montagnes verdoyantes. Le plus haut sommet de Sabah est le mont Kinabalu qui culmine 4092 m d’altitude, classé au Patrimoine de l’Unesco : nous devrions découvrir des paysages à couper le souffle, et une forêt luxuriante.

27---Kinabalu-Park 0436Le parc du Mont Kinabalu est géré par l’office national de Sabah, il est contrôlé par un organisme depuis plusieurs années, le Sutera Sanctuary Lodge. Autant dire que la frustration est totale lorsque nous voyons les prix pratiqués pour effectuer le Mont Kinabalu, avec un monopole quasi-absolu de leur part. La montée du Kinabalu se fait en général en 2 ou 3 jours, avec un arrêt obligatoire (sauf pour ceux qui veulent le faire dans la journée) au 3/4 du parcours pour s’y restaurer et dormir, géré bien évidemment par le même organisme. Il faut réserver souvent quelques semaines ou mois à l’avance pour effectuer la montée et pour réserver son lit dans un dortoir, les places étant limitées à environ une centaine de personnes par jour.

Pour ma part, j’ai eu plus ou moins de chance. Lorsque je suis arrivé au Sutera Sanctuary Lodge à Kota Kinabalu, une place venait de se libérer une semaine après : cela aurait pu être pire ! Les employés du centre de ne vous renseignent pas particulièrement sur les logements aux alentours ni sur le parcours. Le centre gère également une dizaine d’hôtel ou guesthouse à l’entrée du Parc pour y dormir la veille de la montée, mais à des prix honteux. On comprend peut-être mieux quand on sait que ce même centre possède des hôtels 4 étoiles  un peu partout à Sabah !

Arrivés au Parc, je commence mon parcours du combattant. Il faut aller au bureau de Sutera pour confirmer le logement et les repas, puis aller au bureau des guides pour chercher un guide pour le lendemain, puis à un autre bureau pour obtenir un permis d’ascension, puis un permis d’accès au parc……il faut en vouloir pour monter. Et le lendemain, avant l’ascension vers 9h du matin, rebelote, il faut repasser dans tous ces bureaux pour retirer les tickets repas, le ticket pour le logement, chercher le guide, puis le repas à emporter du midi, et un transport du Parc à l’embranchement où l’on commence à monter ! Bon, vous l’aurez compris, en fait, tout est séparé et géré par différents organismes.

Je viens de trouver mon guide, une femme, Véronica, qui m’accompagnera pendant ces 2 jours pour s’assurer que tout va bien pour moi (pour ceux qui ont l’esprit mal tourné, Véronica sonne bien mais elle est mariée avec 4 enfants !). J’apprends que pour être guide, il faut apprendre l’anglais, quelques noms de plantes et de fleurs, et surtout passer l’épreuve de la montée et descente en moins de 5 heures. Autant dire que je ne risque pas de la lâcher, de toute façon, ce n’était pas mon intention car je ne suis jamais allé au-delà de 3000 m et je ne sais pas comment réagira mon corps (et mon cœur) à une altitude aussi haute. Je visionne les performances de Kilian Jornet, en 2H37 (avec une distance plus grande je pense) pour cette course annuelle en octobre, l’homme espagnol qui gagne tous les raids dans le monde entier, notamment le grand raid à la Réunion en 2010.

Après quelques virages, la montée devient raide. Il faut dire le programme prévoit 8,7 km de montée en 2 jours, ce qui est faible, mais pour un dénivelé positif de 2500m. 27---Kinabalu-Park 0452Je commence à rencontrer des porteurs qui montent vers le gite pour apporter toutes les vivres nécessaires pour les repas du soir et du matin. Ils sont chargés, très chargés, parfois jusqu’à 60kg, car ils sont rémunérés au poids. Certains, les plus aguerris, font même deux tours dans la journée ! Leurs sacs sont accolés à une planche en bois qu’ils portent pour avoir un support plat, on est loin de nos sacs à dos ultraconfortables. Ils sont chaussés avec des chaussures Adidas, ouah, la classe, sauf que ces chaussures s’appellent Adidas Kampung et coûtent 3 euros, et qu’ils sont en plastiques. A priori, cela leur convient car ils en portent tous.

On voit ces mêmes porteurs redescendre les détritus générés par les touristes au gite. D’autres porteurs peuvent être disponibles pour porter les sacs à dos des touristes, souvent demandés par des touristes Coréens et Chinois (alors que les Européens, Australiens et Américains portent par habitude les leurs), qui n’ont pas l’habitude de faire du sport en général : Véronica m’explique que ces derniers emmènent souvent « leur maison » dans leur sac à dos, avec des affaires inutiles pour la montée. Ils sont super équipés et super protégés par toutes les occasions : à la montagne, chaussures de montagne nouvellement achetées pour l’occasion, chaussettes anti-sangsues, chapeau anti-moustiques, vêtements de protection contre les insectes, parapluie en vigueur en cas de pluie avec bien évidemment des k-ways hautes protections ; et à la mer,  chaussons de protection, pantalon et vêtements portés de la tête au pied, chapeau de rigueur, avec bouées ou/et gilets de sauvetage rouges pour aller dans une eau à 50 cm de profondeur !  J’en avais même vu effectuer leur baptême de plongée à une profondeur de 1m50 tenus par les bouteilles par le moniteur pendant toute la durée de la plongée.

Pour ces mêmes touristes, lorsqu’ils sont fatigués, d’autres porteurs peuvent les porter, et sont payés en fonction du poids de l’individu et du nombre de kilomètres parcourus. Sans parler de ce dernier cas extrême, on peut quand même amener une comparaison et une réflexion sur nos sentiers à la Réunion, pour aller au Piton des neiges, quand on sait que toutes les vivres sont acheminés par hélicoptère. Qu’est ce qui est le mieux, porteurs qui généreraient du travail avec ces inconvénients d’un métier pénible, ou hélicoptère qui produit de la pollution et est très onéreux mais qui donne l’impression d’une avancée technologique : chacun se fera sa propre opinion !  

 Les sentiers sont propres, nettoyés, entretenus. Tous les km, un kiosque permet de se reposer, avec de toilettes attenantes. Des tuyaux sont disposés discrètement tout le long du chemin pour acheminer les câbles d’électricité et de téléphone jusqu’aux gites. C’est assez agréable de monter dans ces conditions, le temps en plus étant avec moi car il avait plu pendant plusieurs jours auparavant.

Après 6km de montée, j’aperçois enfin le gîte avec enthousiasme, car je commençais à manquer un peu d’air et à avoir la tête qui tourne sur les derniers 500 mètres. Je dois monter au gite principal pour retirer les clés du dortoir situé à 200 mètres environ. 27---Kinabalu-Park 0483Le gite est splendide (rien à voir avec le gite du Piton des Neiges !), une salle à manger spacieuse, un coin « bar », une terrasse avec vue imprenable sur les montagnes : on se précipite tous pour le coucher du soleil. Pour certains, le diner est déjà fini, ils ont commencé dès 16H30 ! Pour ma part, j’attends 18H30 et j’essaie tant bien que mal à tenir une conversation en anglais avec deux jeunes femmes forts sympathiques.

Il faut redescendre au gite pour se laver (la douche prendra moins d’une minute quand on sait que l’eau doit être aux alentours de 10 degrés – bbbbbbrrrrrrrr !) et dormir un peu car il faut se lever très très tôt le lendemain matin pour gravir les 3 derniers kilomètres. Etonnamment, à la sortie du gite, des lampadaires sont installés tout autour de celui-ci pour éclairer les chemins avoisinants : je commence à mieux comprendre le prix du séjour quand on voit les installations, les équipements, l’entretien et la bonne organisation.

Après une bonne nuit de 5 heures (nous étions 2 dans un dortoir de 4 ? cherchez l’erreur alors qu’il faut réserver des semaines à l’avance !), réveil à 2 heures du matin, petit encas avant de partir et nous voilà tous à partir dans la nuit pour essayer de gravir ces derniers kilomètres. Certains sont déjà partis depuis 2 heures du matin, les derniers (j’en fais parti) partiront environ vers les 3 heures pour ne pas arriver trop tôt et se les geler. Dès les premiers mètres, la difficulté est de rigueur, certains peinent déjà au bout de 500 mètres, et n’arrivent plus à avancer. Les pentes sont raides, et certains passages doivent être effectués à l’aide d’une corde.

Pour ma part, j’ai la grande forme, j’ai hâte de voir ce beau lever de soleil, d’autant plus que le ciel est dégagé. Lorsque j’arrive vers 5H15, nous sommes que quelques-uns à avoir franchis le sommet à plus de 4000 mètres, 27---Kinabalu-Park 0529et il ne reste plus que 45 minutes aux autres pour apercevoir le lever depuis le haut. Autant dire que seule la moitié parviendra à l’atteindre, les autres resteront parsemés sur le chemin. Le paysage devient splendide, s’éclaircit ; un mélange de brume au loin devient orangeâtes, puis le soleil arrive pour nous réchauffer nos corps qui commençaient à se congeler. Ouah, quel chance de se retrouver dans un endroit aussi paisible et magnifique !

Après quelques photos bien méritées, nous redescendons en file indienne pour se restaurer à nouveau au gite, avant d’entreprendre la longue descente pour certains. Je prendrais mon temps pour découvrir la flore, Véronica m’explique les particularités de chaque fleur. Je n’aurai pas arrêté de faire la pipelette avec elle pendant toute la descente, pendant que certains souffrent. Je rencontre 2 filles de 25 ans environ, qui n’en peuvent plus à moins de 4 km de l’arrivée, elles souffrent des jambes, elles sont tremblantes. Elles me font de la peine, car à ce rythme très lent, elles mettront au moins 6 heures pour finir, voir plus. Je leur passe la pommade du tigre, quelques remontants, mais ça sera dur pour elle pour aujourd’hui, mais pour les jours suivants aussi !

Ca y est, j’arrive au point de départ après 5 heures de descente en tout, je suis content de ne pas souffrir des jambes, et d’avoir pu discuter et rire avec Véronica des anecdotes de son métier. La montée du mont  Kinabalu est superbe, très bien aménagée et quel plaisir de renouer avec la montagne après quelques mois de périple. Je retrouve Séverine et les enfants au parc pour déjeuner ensemble. Nous partageons ensemble les quelques photos prises pendant ces 2 jours, elle me raconte aussi sa nuit mouvementée avec Hugo qui n’arrête pas de bouger toute la nuit. En tout cas, le repos dans l’hôtel pendant 2 jours à la montagne aura fait du bien à tout le monde.

Le lendemain, nous partirons faire un petit tour du côté de Poring Spring, à 40minutes de l’hôtel, pour y visiter un jardin des orchidées et un jardin tropical très dense avec des bruits effrayants. Nous irons aussi pour la première fois tester la canopée, petit circuit au dessus des arbres et de la jungle, les enfants se sentent à leur aise tandis que nous, parents, faisons bien attention où nous mettons les pieds (surtout avec mes courbatures après le trek) sur ce passage blog mont konabalutrès étroit et vertigineux. Nous continuerons vers le jardin des papillons où se mêlent des couleurs éclatantes, pour terminer dans un bain d’eau froide très appréciée avec cette chaleur étouffante. En résumé, nous avons passé un super séjour dans ces montagnes impressionnantes.

 

 

 

 

 

PHOTOS DANS DOSSIER « KUTA KINABALU »

 

 

 


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